EVE-MÉLISSA TRAORÉ – EAU D’ARTIFICE

EAU D’ARTIFICE

Installation d’Eve-Mélissa Traoré

en partenariat avec la galerie art-cade*

UNE_EAUARTIFICE

C’est à partir du film « Eaux d’artifices » (1953) de Kenneth Anger et de l’interprétation métaphysique proposée par l’essai d’Érik Bullot « La foudre A+B » que l’œuvre Eau d’artifice s’approprie, fragmente, isole dans l’espace les éléments constituant une lecture nouvelle du film.
Définissant la fantasmagorie aquatique d’Anger par la foudre, c’est-à-dire un phénomène électrique qui suppose le passage instantané d’un courant entre deux termes dont il est la somme, qu’Érik Bullot formule l’équation du film :

Eaux d’artifice = foudre x métaphore.

Les jeux d’eau suggèrent des feux d’artifices et transposent ces motifs en phénomènes incandescents et insaisissables que la lumière seule capte :  l’oxymore eau-artifice devient une métaphore de la transformation évoquant l’eau ignée des alchimistes.

L’eau est le fluide dans lequel les aspirations esthétiques et poétiques d’Anger convergent et les procédés cinématographiques employés (trucages, ralenti, nuit américaine….) croisent la narration avec le champ de l’abstraction pour déployer l’allégorie sexuelle et magique du film. L’installation Eau d’artifice explore la puissance extatique de l’eau à travers ces procédés. Les fragments d’images installés dans l’espace souhaitent un dialogue entre le film initial et le regard du spectateur engagé dans sa propre interprétation. La métamorphose par l’artifice décrite par Érik Bullot oscille ici entre architecture onirique et bricolage optique.